Copyright 2018 - Paroisse Saint Pierre en Vallée - Maine et Loire - France

L’EGLISE DE DIEU QUI SÉJOURNE A ROME, A L’EGLISE DE DIEU QUI SÉJOURNE A CORINTHE, AUX ÉLUS SANCTIFIÉS SELON LA VOLONTÉ DE DIEU PAR NOTRE SEIGNEUR JÉSUS-CHRIST.QUE LA GRACE ET LA PAIX VOUS VIENNENT EN ABONDANCE DU DIEU TOUT-PUISSANT PAR JÉSUS-CHRIST !

I. Les malheurs, les calamités soudaines qui nous ont frappés coup sur coup, frères bien-aimés, ont été cause que notre attention se tourne, bien tardivement à notre gré, vers les affaires en litige parmi vous, vers cette sédition inadmissible et déplacée chez les élus de Dieu, exécrable et impie, qu’un petit nombre de meneurs téméraires et insolents ont allumée et portée à un un tel degré de démence que votre nom révéré, glorieux et aimable à tous, en est grandement décrié.
Quel est celui qui ayant demeuré parmi vous n’a reconnu votre foi solide et riche en vertus, admiré votre piété prudente et mesurée dans le Christ, publié votre habitude généreuse d’hospitalité, déclaré bienheureuse votre science par- faite et sûre ?
Car vous agissiez en tout sans acception de personnes, vous marchiez suivant les lois de Dieu, soumis à vos chefs et rendant à vos anciens l’honneur qui leur est dû.
Aux jeunes gens vous recommandiez la modération et la gravité. Aux femmes vous prescriviez d’accomplir tous leurs devoirs avec une conscience irréprochable, digne et pure, de chérir leurs maris comme il convient ; vous leur enseigniez a se tenir dans la règle de l’obéissance, à gouverner dignement leur maison, a se montrer discrètes en toutes choses.

II. Tous vous étiez humbles, exempts de jactance, plutôt disposés à obéir qu’à commander, plus heureux de donner que de recevoir. Contents des viatiques du Christ et y appliquant votre âme, vous gardiez soigneusement ses paroles dans votre coeur, et ses souffrances étaient devant vos yeux.

 

C’est ainsi qu’une paix profonde et joyeuse avait été donnée à tous avec un désir insatiable de faire le bien, et une abondante effusion de l’Esprit-Saint s’était répandue sur tous. Remplis d’une résolution sainte, d’une belle ardeur, d’une pieuse confiance, vous étendiez vos mains vers le Dieu tout-puissant, le suppliant de se montrer propice si vous aviez commis quelque faute involontaire.
Vous luttiez jour et nuit pour le groupe entier des frères, afin que, grâce à votre pitié et communauté de sentiment, le nombre des élus de Dieu vint à être sauvé. Vous étiez sincères, simples, sans rancune réciproque. Toute révolte, toute scission vous faisait horreur ; vous pleuriez sur les péchés du prochain, vous estimiez que ses manquements étaient les vôtres.
Vous ne vous repentiez d’aucune bonne action, vous étiez « prêts à toute bonne oeuvre ». Une conduite toute vertueuse et vénérable faisait votre ornement, vous accomplissiez toutes vos actions dans la crainte de Dieu. Les commandements et les préceptes du Seigneur étaient écrits sur toute l’étendue de votre coeur.

III. Toute sorte de gloire et d’abondance vous a été donnée et cette parole de l’Écriture s’est accomplie : « Le bien-aimé a mangé et bu, il a grossi et s’est engraissé et il a regimbé ! » De là sont nées la jalousie et l’envie, les querelles et la sédition, la persécution et le désordre, la guerre et la captivité.
C’est ainsi que se sont insurgés « les hommes de rien contre les hommes les plus considérables », les obscurs contre les illustres, les insensés contre les sages, les jeunes contre les anciens. Ainsi se sont éloignées la justice et la paix, depuis que chacun a délaissé la crainte de Dieu, affaibli les lumières de sa foi ; personne ne marche plus dans la règle des commandements divins, ne mène plus une vie digne du Christ ; chacun va suivant les désirs de son coeur dépravé, laissant revivre en lui la jalousie injuste et impie par laquelle « la mort est entrée dans le monde ».

IV. Voici en effet ce qui est écrit : « Et, après bien des jours, il arriva que Caïn offrit des fruits de la terre en sacrifice a Dieu ; Abel aussi offrit des premiers-nés de ses brebis et de leur graisse. lit Dieu regarda favorablement Abel et ses présents ; mais il ne lit point attention a Caïn ni à ses sacrifices. Caïn fut vivement contristé, et son visage abattu. Alors Dieu dit a Caïn : Pourquoi es-tu triste et pourquoi ton visage est-il abattu ? N’as tu pas péché, si en offrant correcte- ment ton sacrifice tu n’en as pas fait correctement le partage ? Apaise-toi : ton offrande te reviendra et tu en seras le maître. Et Caïn dit à Abel son frère : Allons dans la plaine. Et lorsqu’ils furent dans la plaine, Caïn se jeta sur Abel son frère et le tua. » Vous le voyez, mes frères, la jalousie et l’envie ont commis un fratricide.
C’est à cause de la jalousie que Jacob notre père a fui devant son frère Esaiï. C’est à cause de la jalousie que Joseph a été persécuté à mort et réduit en servitude. C’est la jalousie qui a contraint Moïse de fuir devant Pharaon, roi d’Égypte, le jour où il entendit un de ses compatriotes lui dire : « Qui est-ce qui t’a établi notre arbitre ou notre juge ? Est-ce que tu veux me tuer comme l’égyptien que tu as tué hier ? ».
C’est à cause de la jalousie qu’Aaron et Marie furent bannis du camp. C’est la jalousie qui précipita tout vivants dans l’enfer Dalhan et Abiron, parce qu’ils s’étaient soulevés contre Moïse, le serviteur de Dieu. C’est par suite de la jalousie que David subit, non seulement l’envie dos étrangers, mais encore la persécution de Saül, roi d’Israël.

V. Mais, pour laisser de côté les exemples anciens, venons-en aux athlètes tout récents, prenons les généreux exemples de notre génération. C’est par l’effet de la jalousie et de l’envie que furent persécutés ceux qui étaient les colonnes les plus élevées et les plus justes et qu’ils combattirent jusqu’à la mort. Jetons les yeux sur les excellents Apôtres : Pierre, qui, victime d’une injuste jalousie, souffrit non pas une ou deux, mais de nombreuses fatigues, et qui, après avoir ainsi accompli son martyre, s’en est allé au séjour do gloire qui lui était dû. C’est par suite de la jalousie et de la discorde que Paul a montré (comment on remporte) le prix de la patience. Chargé sept fois de chaînes, banni, lapidé, devenu un héraut en Orient et en Occident, il a reçu pour sa foi une gloire éclatante. Après avoir enseigné la justice au monde entier, atteint les bornes de l’Occident, accompli son martyre devant ceux qui gouvernent, il a quitté le monde et s’en est allé au saint lieu, illustre modèle de patience.

VI. A ces hommes dont la vie a été sainte vint s’adjoindre une grande foule d’élus qui, par suite de la jalousie, endurèrent beaucoup d’outrages et de tortures, et qui laissèrent parmi nous un magnifique exemple.
C’est poursuivies par la jalousie, que des femmes, les Danaïdes et les Dircés, après avoir souffert de terribles et monstrueux outrages, ont touché le but dans la course de la foi, et ont reçu la noble récompense, toutes débiles de corps qu’elles étaient.
La jalousie a aliéné des épouses a leurs maris, elle a altéré la parole d’Adam, notre père : « Voici l’os de mes os et la chair de ma chair. » Jalousie et discorde ont détruit de grandes villes, et anéanti de puissantes nations.

VII. Nous vous écrivons tout ceci, bien-aimés, en manière, non seulement de réprimande pour vous, mais encore d’avertissement pour nous-mêmes : car nous sommes dans la même arène que vous, le même combat nous attend. Laissons donc là les soucis vains et inutiles, rangeons-nous à la glorieuse et vénérable règle de notre tradition.
Voyons ce qui est beau aux yeux de notre Créateur, ce qui le charme, ce qui lui plaît. Fixons nos regards sur le sang du Christ, et con- naissons combien il est précieux pour Dieu, son père, parce qu’ayant été versé pour notre salut, il a ménagé au monde entier la grâce delà pénitence.
Passons en revue tous les âges et apprenons que de génération en génération le Maître « a donné latitude de faire pénitence » à tous ceux qui ont voulu se convertir à lui. Noé prêcha la pénitence, et ceux qui l’écoutèrent furent sauvés. Jonas annonça leur ruine aux Ninivites ; mais ceux-ci, ayant fait pénitence de leurs péchés, apaisèrent Dieu par leurs supplications et obtinrent leur salut, bien qu’ils fussent des étrangers pour Dieu.

VIII. Les ministres de la grâce divine, inspirés par le Saint-Esprit, ont parlé de la pénitence. Et le Maître de l’univers lui-même a dit de la pénitence avec serment :« Par ma vie, dit le Seigneur, je ne yeux pas tant la mort du pécheur que sa pénitence. » Et il ajoute cette sentence de bonté : « Repentez-vous, maison d’Israël, de votre iniquité. Dis aux fils de mon peuple : Quand même vos péchés iraient de la terre au ciel, quand ils seraient plus rouges que l’écarlate et plus noirs que le sac, si vous vous tournez vers moi de tout votre coeur et me dites : Père ! je vous exaucerai comme un peuple saint. »
Et dans un autre endroit il parle ainsi : « Lavez-vous, purifiez-vous, ôtez sous mes yeux le mal de vos âmes, mettez fin à vos méchancetés, apprenez à faire le bien, recherchez la justice, délivrez l’opprimé, faites rendre son droit à l’orphelin et justice à la veuve. Et alors venez et nous discuterons, dit le Seigneur ; vos péchés fussent-ils comme la pourpre, je les rendrai blancs comme neige ; fussent-ils comme l’écarlate, je les rendrai blancs comme laine. Si vous consentez et que vous m’écoutiez, vous mangerez ce que la terre a de bon ; si vous ne con- sentez pas et ne m’écoutez point, le glaive vous dévorera.
Car c’est la bouche du Seigneur qui a ainsi prononcé. » Voulant que tous ceux qu’il aime participent à la pénitence, il en a ainsi décidé par sa toute-puissante volonté.

IX. Obéissons donc à sa volonté magnifique et glorieuse, prosternons-nous en suppliant sa pitié et sa bonté, recourons à sa compassion, quittons les besognes vaines, les querelles, la jalousie qui mène à la mort
. Fixons nos regards sur ceux qui ont été les serviteurs accomplis de sa magnifique gloire. Prenons Hénoch qui, trouvé juste dans l’obéissance, fut enlevé de ce monde sans qu’on ait trouvé (trace de) sa mort. Noé, trouvé fidèle, eut pour ministère d’annoncer au monde la renaissance, et le Seigneur sauva par lui les êtres vivants qui entrèrent avec concorde dans l’arche.

X. Abraham, appelé l’ami (de Dieu), fut trouvé fidèle pour avoir obéi aux paroles de Dieu. Il sortit par obéissance de son pays, de sa parenté et de la maison de son père, de sorte que laissant derrière soi un pays peu considérable, une faible parenté et une petite maison, il eût en héritage les promesses de Dieu. Dieu lui dit en clïet : « Sors de ton pays, de ta parenté et de la maison de ton père, pour aller dans la terre que je te montrerai.
Je ferai de toi une nation nombreuse, je te bénirai, je rendrai grand ton nom, et tu seras béni ; je bénirai ceux qui te béniront, je maudirai ceux qui te maudiront, et en toi seront bénies toutes les tribus de la terre. ».Une autre fois, quand il se séparait de Loth, Dieu lui dit : « Lève les yeux et regarde, du lieu où tu es, vers le nord et le midi, vers l’orient et la mer : toute la terre que tu vois, je te la donnerai, à toi et à ta race pour toujours. Je rendrai ta postérité semblable au sable de la terre : si quelqu’un parvient à compter les grains de sable de la terre, ta postérité aussi sera dénombrée. » Il est encore dit : « Dieu conduisit Abraham au dehors et lui dit : Regarde le ciel et compte les étoiles si tu y parviens : ainsi sera ta postérité. Et Abraham crut à Dieu et cela lui fut imputé à justice. » A cause de sa foi et de son hospitalité, un fils lui fut donné dans sa vieillesse, et par obéissance il l’offrit à Dieu en sacrifice sur l’une des montagnes que Dieu lui avait montrées.

XI. Loth fut sauvé de Sodome, à cause de son hospitalité et de sa piété, tandis que toute la région environnante était châtiée par le feu et par le soufre : le Maître rendit manifeste qu’il ne délaisse pas ceux qui espèrent en lui, mais qu’il inflige aux réfractaires un châtiment et des supplices.
La femme de Loth qui était sortie avec lui (de la ville), mais dans un autre sentiment et en désaccord avec lui, fut établie comme un signe ; elle devint une statue de sel jusqu’à ce jour afin qu’il fût notoire à tous que ceux qui ont l’âme double et ceux qui doutent de la puissance de Dieu subiront une condamnation et serviront d’exemple pour toutes les générations.

XII. C’est sa foi et son hospitalité qui ont sauvé Rahab la courtisane. Quand Josué fils de Navé envoya des espions à Jéricho, le roi du pays sut qu’ils étaient venus explorer la région, et il envoya des hommes pour les saisir et une fois pris les faire mourir. L’hospitalière Rahab les reçut chez elle et les cacha à l’étage supérieur sous des chaumes de lin. Les émissaires du roi survinrent et lui dirent : « Les espions venus dans notre pays sont entrés chez toi ; fais les sortir ; c’est l’ordre du roi. » Elle répondit :
Il est vrai, les hommes que vous cherchez sont entrés chez moi ; mais ils sont repartis aussitôt, et ils s’en vont par ce chemin-là », ajouta-t-elle, en montrant la route opposée. Puis elle dit aux espions : « Je sais assurément que le Seigneur Dieu vous livre ce pays, car la terreur et l’épouvante se sont emparés à votre vue de ses habitants. Lors donc que vous l’aurez conquis, sauvez-moi avec la maison de mon père. ».
Les espions lui dirent : « Il sera fait comme tu nous as dit. Sitôt donc que tu apprendras notre arrivée, tu rassembleras tous les tiens sous ton toit, et ils seront sauvés ; mais tous ceux qui seraient trouvés hors de la maison périront. » Ils lui indiquèrent en outre un signal qui était de suspendre à sa maison une corde de pourpre. C’était déclarer que le sang du Seigneur devait racheter tous ceux qui croient et espèrent en Dieu. Vous le voyez, bien-aimés, en cette femme il n’y avait pas seulement la foi, mais encore le don de prophétie.

XIII. Ayons donc, ô frères, des sentiments humbles, rejetons de nous toute forfanterie, toute enflure, toute déraison, tous emportements, et accomplissons les choses qui sont écrites, car le Saint-Esprit a dit : « Que le sage ne se glorifie point ’de sa sagesse, ni le fort de sa force, ni le riche de sa richesse ; mais que celui qui se glorifie, se glorifie, dans le Seigneur, de le chercher et de pratiquer le droit et la justice. » _ Surtout rappelons-nous les paroles que le Seigneur Jésus nous a dites pour nous enseigner l’équité et la longanimité. Il a dit en effet : « Soyez miséricordieux afin d’obtenir miséricorde, par- donnez afin d’être pardonnes ; selon que vous agissez, on agira envers vous ; selon que vous donnez, on vous donnera ; selon que vous jugez, on vous jugera ; selon que vous exercez la bienveillance, on l’exercera envers vous ; la mesure dont vous vous servez sera celle dont on se servira pour vous. »
Par ce commandement et par ces préceptes affermissons notre marche dans l’humble soumission à ses saintes paroles. Car la sainte parole porte : « Oui regarderai-je, sinon l’homme doux, pacifique et qui tremble à mes paroles. ».

XIV. Il est juste et saint, mes frères, d’obéir à Dieu, plutôt que de suivre dans l’arrogance et l’agitation les instigateurs d’une détestable rivalité. Car ce n’est point un léger dommage, c’est un danger grave que nous subirons, si nous nous abandonnons témérairement aux caprices de ces hommes qui se lancent dans les querelles et les séditions pour nous rendre étrangers au bien. Soyons bons les uns pour les autres, à l’exemple de notre miséricordieux et doux Créateur, car il est écrit : « Les doux habiteront la terre, les innocents y seront laissés, mais les pécheurs en seront exterminés. »
Il est dit aussi : « J’ai vu l’impie exalté, élevé comme les cèdres du Liban ; j’ai passé ; voyez, il n’était déjà plus ; j’ai cherché sa place et ne l’ai pas trouvée. Garde l’innocence et observe la droiture : car il y a une postérité pour l’homme pacifique. ».

XV. Adhérons à ceux qui cultivent pieusement la paix non à ceux qui feignent de la vouloir. Il est dit en effet quelque part : « Ce peuple m’honore des lèvres, mais leur coeur est loin de moi. » Et puis : « Leur bouche bénissait, mais leur coeur maudissait. » Et encore : « Ils l’ont chéri de bouche et leur langue lui a menti ; leur coeur n’était pas droit avec lui et ils ne sont pas restés fidèles à son pacte.
Aussi puissent-elles devenir muettes, les lèvres trompeuses qui parlent injustement contre le juste. » Il est dit également : « Puisse le Seigneur perdre toutes les lèvres trompeuses, la langue aux propos orgueilleux, ceux qui disent : Nous rendrons puissante notre langue, nos lèvres sont en notre pouvoir, qui serait notre seigneur ? A cause de la misère de l’indigent et des gémissements du pauvre, je vais me lever, dit le Seigneur ; je le mettrai en sûreté, j’agirai en toute liberté avec lui. ».

XVI. Le Christ appartient aux âmes humbles et non pas à ceux qui s’élèvent au-dessus de son troupeau. Le sceptre de la majesté de Dieu, le Seigneur Jésus-Christ, n’est point venu avec le train de la fierté et de l’orgueil, encore qu’il l’eût pu, mais avec d’humbles sentiments, selon que le Saint-Esprit l’avait annoncé de lui, dans ces termes : « Seigneur, qui a cru à notre parole ? A qui le bras du Seigneur s’est-il révélé ? Nous l’avons annoncé en sa présence : (il est comme un petit enfant, comme une racine dans une terre desséchée ; il n’a ni extérieur ni gloire. Nous l’avons vu : il n’avait ni extérieur ni beauté, son aspect était pitoyable, il n’avait plus forme humaine.
Homme tout chargé de coups et de souffrances, exercé à supporter la langueur, il détourne sa face, il est méprisé, on ne le compte plus. Il porte nos péchés et il souffre pour nous : nous l’avons considéré comme voué aux peines, aux coups et aux mauvais traitements. Il a été blessé pour nos péchés, meurtri pour nos iniquités ; le châtiment qu’il a subi nous a valu paix, nous avons été guéris par ses plaies. Nous allions tous a l’aventure comme des brebis, l’homme s’était égaré dans sa route.
Et le Seigneur l’a livré pour nos péchés. Quant a lui, tout maltraité qu’il est, il n’ouvre pas la bouche. Comme une brebis il a été conduit à regorge- ment ; comme un agneau sans voix devant le tondeur, il n’ouvre pas la bouche. Dans son humiliation, sa con- damnation a été levée. Qui racontera sa génération, puisque sa vie est retranchée de la terre ? Les iniquités de mon peuple l’ont conduit à la mort. Je relâcherai les impies comme prix de sa sépulture, et les riches comme prix de sa mort : car il n’a point commis l’iniquité et la tromperie ne s’est point trouvée dans sa bouche. Et le Seigneur veut le purifier de ses plaies. Si vous offrez (des sacrifices) pour le péché, votre âme verra une longue postérité.
Le Seigneur veut l’arracher aux douleurs de son âme, lui montrer la lumière, le former avec intelligence, justifier ce juste qui se fait le serviteur d’un grand nombre. Et lui-même portera leurs péchés. Aussi une foule d’hommes seront son héritage et il distribuera les dépouilles des forts, comme récompense de ce que son âme a été livrée à la mort et qu’il a été compté parmi les scélérats. Il a porté les péchés d’un grand nombre, et il a été livré à cause de leurs péchés. ». Lui-même dit encore : « Quant à moi, je suis un ver et non un homme ; je suis l’opprobre des hommes et l’abjection du peuple. Tous ceux qui m’ont vu se sont moqués de moi, ils ont mur- muré des lèvres et hoché la tète : Il a espéré dans le Seigneur ; que le Seigneur le délivre et le sauve, puisqu’il l’aime. » Vous voyez, hommes bien-aimés, quel modèle nous est proposé : si le Seigneur s’est ainsi humilié, que devons-nous faire, nous qui venons par lui sous le joug de sa grâce ?

XVII. Imitons également ceux qui ont circulé, vêtus de peaux de chèvres et de brebis, prêchant la venue du Christ ; nous voulons dire les prophètes Élie, Elisée Èzéchiel, et avec eux tous ceux qui ont reçu (de Dieu) un bon témoignage. Abraham a été honoré d’un témoignage magnifique, il a été appelé l’ami de Dieu ; pourtant quand il fixa ses regards sur la gloire de Dieu, il dit avec humilité : « Pour moi je suis terre et cendre ». Et de Job il est écrit : « Job était juste, irréprochable, véridique, religieux, éloigné de tout mal ». Néanmoins il s’accuse lui-même en disant : « Personne n’est exempt de souillure, pas même si sa vie n’est que d’un jour ». Moïse a été appelé un « serviteur fidèle dans toute la maison de Dieu » ; c’est par son ministère que Dieu frappa l’Égypte des fléaux et des douleurs qui fondirent sur les habitants.
Et néanmoins, si grandement qu’il fût glorifié, il ne prononça point de paroles orgueilleuses ; mais lors de l’oracle du buisson il dit : « Qui suis-je pour que tu m’envoies ? Ma voix est grêle et ma langue embarrassée ». « Je ne suis, ajouta-t-il, qu’une vapeur (s’échappant) d’une marmite. »

XVIII. Que dirons-nous de David, qui avait reçu un si bon témoignage, à qui Dieu avait dit : « J’ai trouvé un homme selon mon coeur, David, fils de Jessé ; je l’ai oint dans ma miséricorde éternelle » ! Lui-même n’en dit pas moins à Dieu : « Aie pitié de moi, mon Dieu, selon ta grande miséricorde ; et selon l’immensité de ta compassion efface mon iniquité. Lave-moi de plus en plus de mon iniquité et purifie-moi de mon péché : car je connais mon iniquité et mon péché est toujours devant moi. Contre toi seul j’ai péché et j’ai fait le mal en ta présence : (je l’avoue) pour que tu sois trouvé juste dans tes paroles, et que tu triomphes si tu passes en jugement.
Voilà que j’ai été conçu dans l’iniquité, et que ma mère m’a porté dans le péché. Vois, tu as aimé la vérité : tu m’as dévoilé les obscurs secrets de ta sagesse. Tu m’aspergeras avec l’hysope et je serai purifié ; tu me laveras et je deviendrai plus blanc que la neige. Tu me feras entendre allégresse et joie, et mes os humiliés jubileront. Détourne ton visage de mes péchés, et efface toutes mes iniquités. Crée en moi un coeur pur, Ô Dieu, et mets à nouveau un esprit droit dans mes entrailles. Ne me rejette pas de devant ta face, et ne retire pas de moi ton esprit saint.
Rends-moi l’allégresse de ton salut, et fortifie-moi par un esprit de générosité. »J’enseignerai tes voies aux pécheurs, et les impies se convertiront à toi. Délivre-moi du sang versé, Dieu, Dieu de mon salut. Ma langue célébrera toute joyeuse ta justice. Seigneur, tu ouvriras ma bouche, et mes lèvres rediront ta louange., Si tu avais désiré un sacrifice, je l’aurais offert ; mais tu ne prends pas plaisir aux holocaustes.
Le sacrifice, pour Dieu, c’est un esprit contrit ; un coeur contrit et humilié, Dieu ne le méprisera pas.
 »

XIX. L’humilité, l’abaissement de si grands et si saints personnages, qui ont reçu un témoignage pareil, nous a rendus meilleurs par l’obéissance, non seulement nous, mais aussi les générations qui nous ont précédés, tous ceux qui ont reçu les paroles de Dieu dans la crainte et dans la vérité, Prenons donc notre part d’actions si nombreuses, si grandes, si éclatantes, et revenons en hâte vers le but de la paix qui nous a été proposé dès le commencement ; les yeux fixés sur le père et le créateur de l’univers, attachons-nous à ses présents magnifiques et incomparables (nés) de la paix et à ses bienfaits. Contemplons Dieu par la pensée ; considérons des yeux de l’âme sa volonté pleine de patience ; réfléchissons combien il est débonnaire envers toute sa création.

XX. Les deux, mis en branle par son ordre, lui obéis- sent en paix. Le jour et la nuit accomplissent la course qu’il leur a prescrite, sans s’entraver l’un l’autre. Le soleil, la lune et les choeurs des astres parcourent, d’après son ordre, avec harmonie et sans aucun écart, les orbites qu’il leur a marqués. La terre féconde, docile a sa volonté, fournit en abondance, dans les saisons convenables, leur nourriture aux hommes, aux animaux, à tous les êtres qui vivent à sa surface ; clic n’hésite pas, elle ne change rien à ses décrets.
Les mêmes ordres maintiennent les mystérieux jugements (rendus) dans les abîmes, les sentences inexprimables (prononcées) dans les enfers. La mer immense dont son action créatrice a creusé le lit en réservoir, ne franchit point les barrières qu’il a établies, mais selon qu’il lui a ordonné, ainsi fait- elle. Il lui a dit : « Tu viendras jusqu’ici et tes flots se briseront sur ton propre sein ».
L’océan infranchissable aux hommes et les mondes qui sont au-delà de l’océan se dirigent par les mêmes ordres du Maître. Les saisons du printemps, de l’été, de l’automne, de l’hiver se suc- cèdent pacifiquement l’une à l’autre. Les vents, en leurs demeures, accomplissent aux temps marqués leur office sans trouble ; les sources intarissables, créées pour la jouissance et la santé, offrent aux hommes sans s’épuiser leurs mamelles pleines de vie ; les moindres des animaux se réunissent dans la paix et la concorde. Le souverain créateur et maître de l’univers a disposé que toutes ces choses resteraient dans la paix et la concorde, bienfaisant qu’il est pour toutes ses créatures, mais plus que prodigue envers nous qui recourons à ses miséricorde par Notre Seigneur Jésus-Christ, à qui soit la gloire et la majesté dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

XXI. Prenez garde, bien-aimés, que les bienfaits de Dieu, si nombreux, ne soient pour nous tous un sujet de condamnation, si nous ne vivons d’une manière digne de lui, opérant dans la concorde ce qui est bien et agréable à ses yeux. Il dit en effet quelque part : « L’Esprit du Seigneur est un flambeau qui explore les profondeurs des entrailles. ».
Considérons combien il est proche de nous et que rien ne lui échappe de nos pensées et de nos réflexions. Il est donc juste que nous ne quittions pas notre poste contre sa volonté. Il vaut mieux nous heurter à des hommes sots, insensés, superbes et enflés de leurs arrogantes paroles, plutôt qu’à Dieu. Révérons le Seigneur Jésus-Christ dont le sang a été donné pour nous, respectons nos chefs, honorons les anciens, instruisons les jeunes gens dans la crainte de Dieu, dressons nos femmes au bien.
Qu’elles fassent voir chez elles les moeurs aimables de la chasteté, qu’elles prouvent leur sincère disposition à la douceur, qu’elles manifestent par le silence la modération de leur langue ; qu’elles exercent saintement la charité, non d’après leurs préférences mais sans partialité, à l’égard de tous ceux qui craignent Dieu.
Que nos enfants aient part à l’éducation dans le Christ ; qu’ils apprennent quelle est auprès de Dieu la puissance de l’humilité, le pouvoir du chaste amour, combien la crainte de Dieu est belle et précieuse, comment elle sauve tous ceux qui marchent saintement en elle avec une conscience pure.
Car il pénètre nos pensées et nos désirs : c’est son souffle qui nous anime et il le reprend quand il veut.

XXII. C’est toutes ces choses que nous garantit la foi dans le Christ. Celui-ci en effet nous invite ainsi par l’organe du Saint-Esprit : « Venez, enfants, écoutez-moi, je vous enseignerai la crainte du Seigneur. Quel est l’homme qui veut avoir la vie, qui aime voir d’heureux jours ? Préserve ta langue du mal, que tes lèvres ne profèrent point de tromperie. Détourne-toi du mal et fais le bien. Recherche la paix et poursuis-la. Les yeux du Seigneur sont ouverts sur les justes et ses oreilles à leurs prières ; mais la face du Seigneur est aussi sur ceux qui agissent mal, pour anéantir leur souvenir sur la terre. Le juste a crié : le Seigneur l’a écouté et l’a délivré de toutes ses afflictions. Nombreuses sont les afflictions du juste ; mais le Seigneur le délivrera de toutes. »
Il dit encore : « Nombreux sont les fléaux des pécheurs ; mais sa merci environnera les hommes qui espèrent dans le Seigneur. »’Malheureux ceux qui ont l’âme à double fond, ceux qui doutent en leur coeur et qui disent : Nous avons déjà entendu dire cela du temps de nos pères ; or voilà que nous avons veilli, et rien de tout cela ne nous est arrivé. Insensés ! comparez-vous à un arbre ; prenez un cep de vigne ; d’abord les feuilles tombent ; ensuite il pousse des bourgeons, puis du feuillage, puis la fleur, après cela le raisin vert, enfin les grappes mûres sont là ».
En peu de temps, vous le voyez, le fruit de l’arbuste arrive à maturité. En vérité c’est avec promptitude, c’est soudainement que s’accomplissent les desseins de Dieu, comme l’atteste aussi l’Ecriture : « Il viendra prompte- ment et sans tarder ; il viendra soudain, le Seigneur dans son temple, le saint que vous attendez ; »

XXIV. Observons, mes bien-aimés, comment le Maître nous représente continuellement la future résurrection, dont il nous a donné les prémices dans le Seigneur Jésus- Christ quand il l’a ressuscité d’entre les morts.
Considérons, mes bien-aimés, les résurrections qui s’opèrent en leur temps. Le jour et la nuit nous montrent une résurrection : la nuit s’endort et le jour se lève ; le jour fuit et la nuit lui succède. Prenons les fruits. Comment et de quelle façon les semailles se font-elles ?
Le semeur sort pour jeter en terre les différentes semences ; celles-ci, toutes sèches et nues, tombent dans le sol pour s’y résoudre ; mais de leur dissolution même, la magnifique providence du Maître les fait lever à nouveau et l’unique graine se multiplie et porte fruit.

XXV. Considérons l’étrange prodige qui s’opère dans les contrées de l’Orient, c’est-à-dire en Arabie. On y voit un oiseau qu’on appelle phénix. Il est seul de son espèce et vit cinq cents ans. A l’approche de sa fin, il se construit avec de l’encens, de la myrrhe et autres aromates, un cercueil où il pénètre, son temps accompli, pour y mourir. _ De sa chair en putréfaction naît un ver, qui se nourrit de la pourriture de l’oiseau mort et se couvre de plumes ; puis, devenu fort, il soulève le cercueil où reposent les os de son ancêtre et avec ce fardeau il passe d’Arabie en Egypte, jusqu’à la ville d’Héliopolis.
Là, en plein jour, aux yeux de tous, il va en volant le déposer sur l’autel du soleil ; après quoi, il prend son vol pour le retour. Alors les prêtres, consultant leurs annales, constatent qu’il est venu après cinq cents ans révolus.

XXVI. Trouverons-nous donc étrange et étonnant que le Créateur de l’univers fasse revivre ceux qui l’ont servi saintement et avec la confiance d’une foi parfaite, alors qu’il nous fait voir dans un oiseau la magnificence de sa promesse ? Ne dit-il pas quelque part : « Tu me ressusciteras et je te louerai ? » Et ailleurs : « J’étais couché et endormi ; je me suis réveillé parce que tu es avec moi ? » Job dit de son côté : « Tu ressusciteras ma chair qui a subi tous ces maux. »

XXVII. Dans cette espérance, que nos âmes s’attachent donc à celui qui est fidèle dans ses promesses et juste dans ses jugements Celui qui a défendu démentir peut beaucoup moins mentir lui-même : rien n’est impossible à Dieu, sauf le mensonge. Ranimons donc notre foi en lui, et considérons que tout lui est facile.
D’un mot de sa toute-puissance il a établi l’univers et d’un mot il peut le détruire. « Qui lui demandera : qu’as-tu fait ? qui résistera à la vigueur de sa force ? » Il fait tout quand et comme il le veut ; et rien ne passe de ce qu’il décrète.
Tout est présent à ses yeux, rien n’échappe à son conseil, puisque « les deux racontent la gloire de Dieu, et le firmament publie l’oeuvre de ses mains ; le jour le clame au jour, et la nuit en donne connaissance à la nuit : ce n’est point là un langage, ce ne sont point des paroles dont les accents ne soient pas entendus. »

XXVIII. Puisque Dieu voit tout et entend tout, craignons-le, renonçons à l’impur désir des actions criminelles, afin que sa miséricorde nous protège contre les jugements futurs. Où fuir en effet pour échapper à sa main puissante ?
Quel monde recevra un déserteur de Dieu ? L’Écriture ne dit-elle pas : « Où aller, où me dérober à ta vue ? Si je monte au ciel, tu t’y trouves ; si je vais aux extrémités de la terre, là est ta droite ; si j’étends ma couche dans les abîmes, là est ton esprit. » Où donc se retirer ? Où fuir, loin de celui qui embrasse tout ce qui existe ?

XXIX. Approchons-nous donc de lui avec une âme sainte, levons vers lui des mains pures et sans souillure, aimons ce père indulgent et miséricordieux qui a fait de nous sa part choisie. Il est écrit en effet : « Quand le Très-Haut fit le partage des nations et dissémina les enfants d’Adam, il posa les frontières des nations d’après le nombre des anges de Dieu ; son peuple Jacob devint la portion du Seigneur, Israël le terrain arpenté de son héritage. ».
Et dans un autre endroit on lit : « Le Seigneur s’est réservé une nation parmi les nations, comme un homme se réserve les prémices de son aire ; et de cette nation sortira le saint des saints. »

XXX. Puisque nous formons une portion sainte, accomplissons toutes les oeuvres de la sainteté ; fuyons les médisances, les embrassements détestables et impurs, l’ivresse, le goût des nouveautés, les sales désirs, l’odieux adultère, l’abominable orgueil. « Car Dieu, est-il dit, résiste aux orgueilleux et donne la grâce aux humbles. ».
Attachons-nous donc à ceux à qui Dieu donne sa grâce ; revêtons la concorde, l’humilité, la continence ; tenons-nous loin de tous les chuchotements malveillants et des médisances ; soyons justes en action plutôt qu’en parole. Car il est dit : « Celui qui parle beaucoup devra écouter à son tour ; ou bien le beau parleur pense-t-il être juste ? Béni celui qui, né de la femme, vit peu de temps : ne te répands pas en paroles. ».
Que notre louange vienne de Dieu et non pas de nous : car Dieu hait ceux qui se louent eux-mêmes. Que le témoignage de nos bonnes oeuvres soit rendu par d’autres, ainsi qu’il a été rendu à nos pères, les justes. La témérité, la présomption et l’audace appartiennent à ceux que Dieu a maudits ; la modération, l’humilité et la douceur à ceux que Dieu a bénis.

XXXI. Attachons-nous donc a la bénédiction de Dieu et voyons quelles en sont les voies. Déroulons tous les événements depuis le commencement.
Pourquoi Abraham, notre père, fut-il béni ? n’est-ce pas pour avoir pratiqué la justice et la vérité par la foi ? Isaac, connaissant l’avenir, se laissa emmener avec confiance et avec joie en victime. Jacob s’enfuit avec humilité de son pays à cause de son frère ; il alla chez La ban, se mit à son service, et il reçut les douze sceptres d’Israël.

XXXII. A les considérer un par un, avec sincérité, l’on découvre la magnificence des dons accordés par Dieu. De Jacob, en effet, sont sortis tous les prêtres et lévites qui servaient à l’autel de Dieu ; de lui est né selon la chair le Seigneur Jésus ; de lui sont issus par Juda les rois, les princes et les chefs ; quant au reste de ses tribus, elles ne sont pas en petit honneur, suivant la pro- messe de Dieu : « Ta postérité sera comme les étoiles du ciel. »
Tous ont été revêtus de gloire et de puissance, non point par eux-mêmes, ni par leurs oeuvres, ni par la justice de leur conduite, mais par la volonté de Dieu. Nous aussi par conséquent qui avons été appelés en Jésus-Christ par cette même volonté, ce n’est point par nous-mêmes que nous sommes justifiés, ni par notre sagesse ou notre intelligence, ou notre piété, ni par les oeuvres accomplies clans la sainteté de notre coeur ; c’est par la foi ; et c’est par elle que le Dieu tout-puissant a justifié tous les hommes depuis le commencement.
A lui soit la gloire clans les siècles des siècles, Ainsi soit-il.

XXXIII Que ferons-nous donc, frères ? Allons-nous cesser de faire le bien, délaisser la charité ? Le Maître nous en préserve ! empressons-nous au contraire d’accomplir avec zèle et ardeur toute sorte d’oeuvre bonne.
Car le Créateur lui-même et Maître de l’univers se plaît à son travail. Il a affermi les deux par sa souveraine puissance, et les a ornés avec son .incompréhensible sagesse ; il a séparé la terre des eaux qui l’entourent, et l’a assise sur le fondement très sûr de sa propre volonté ; les animaux qui vont et viennent a sa surface, il les a par son ordre appelés à l’existence ; par sa puissance il a disposé d’avance la mer et les êtres qui y vivent, et les a enclos dans leurs limites.
Ensuite, l’homme dont l’intelligence fait l’excellence et la supériorité, il l’a formé de ses mains sacrées et pures, comme une empreinte de sa propre image. Car Dieu s’exprime de la sorte : « Faisons l’homme à notre image et à notre ressemblance. Et Dieu créa l’homme, mâle et femelle il les créa. »
Quand il eut achevé tous ces êtres, Dieu les loua et les bénit, disant : « Croissez et multipliez-vous. ». Remarquons que tous les justes se sont parés de bonnes oeuvres, que le Seigneur lui-même s’est paré de bonnes oeuvres et s’en est applaudi.
Possédant un pareil modèle, appliquons-nous sans hésiter à sa volonté, et pratiquons de toutes nos forces les oeuvres de la justice.

XXXIV. Le bon ouvrier prend allègrement le pain (qui est le prix) de son travail ; mais l’ouvrier paresseux et indolent n’ose regarder en face son employeur. Il faut donc nous mettre de bon coeur à faire le bien : car c’est de Dieu que viennent toutes choses. Il nous en a prévenus en effet : « Voici le Seigneur, et devant sa face est le salaire destiné à récompenser chacun selon ses oeuvres. »
Il nous exhorte donc a croire en lui de tout notre coeur et à ne demeurer ni oisifs ni insouciants à l’endroit d’aucune « bonne oeuvre ». Mettons en lui notre gloire et notre assurance, soumettons-nous à sa volonté, considérons avec quel zèle la multitude entière de ses anges se tient prés de lui et exécute sa volonté.
L’Écriture dit en effet : « Dix mille myriades d’anges se tenaient devant lui,et des milliers de milliers le servaient ; et ils criaient : Saint, saint, saint est le Seigneur Sabaoth, toute la création est remplie de sa gloire. » Et nous aussi, réunis par la communauté de sentiment dans la concorde en un seul corps, crions vers lui avec instance comme d’une seule bouche, aiin d’avoir part a ses grandes et magnifiques promesses. Car il est dit : « L’oeil n’a pas vu, l’oreille n’a pas entendu, et il n’est pas entré dans le coeur de l’homme quels biens Dieu a préparés pour ceux qui l’attendent. »

XXXV. Qu’ils sont opulents et admirables, les dons de Dieu, mes bien-aimés La vie dans l’immortalité, la splendeur dans la justice, la vérité dans la franchise, la foi dans la confiance, la continence dans la sainteté. Et ceux- là. dès maintenant notre intelligence les saisit. Quels sont donc les biens à venir qu’il a préparés à ceux qui demeurent dans l’attente ? Le créateur et père des siècles, le Très-Saint en connaît seul le nombre et la beauté.Efforçons-nous donc, de sorte que nous soyons trouvés au nombre de ceux qui l’attendent, afin d’avoir part aux présents qu’il a promis. Mais comment y réussir, bien- aimés ?
C’est en fixant avec foi notre pensée on Dieu, en recherchant soigneusement ce qui lui plaît et lui agrée, en accomplissant tels actes qui conviennent a sa volonté pure, en suivant la voie de la vérité, en rejetant loin de nous toute sorte d’injustice et de méchanceté, d’avarice, de querelles, de malignité et de perfidies, de murmures et de médisances, d’aversion pour Dieu, d’orgueil et de jactance, de vaine gloire et de dureté pour les étrangers. Car ceux qui commettent ces péchés sont détestés de Dieu ; et non seulement ceux qui les commettent, mais encore ceux qui les approuvent.
L’Écriture porte en effet : « Dieu a dit au pécheur : Pourquoi dire par le menu mes préceptes et avoir mon pacte à la bouche, alors que tu as eu la discipline en horreur et que tu as rejeté mes paroles derrière toi ? Si tu voyais un voleur, tu courais à lui ; tu avais lié partie avec les adultères. Ta bouche était pleine de méchanceté, ta langue tramait la tromperie. Tu siégeais pour parler contre ton frère, tu plaçais des pièges au fils de ta mère. Tu as fait cela et je me suis tu ; et tu as cru, méchant, que je suis pareil à toi. Je vais te confondre et te mettre face à face avec toi-même. Comprenez ceci, vous qui oubliez Dieu, de peur qu’il ne vous saisisse comme un lion, et que vous n’ayez point de libérateur. Le sacrifice de louange m’honorera : là est la voie où je montrerai à celui (qui l’offre) le salut de Dieu. »

XXXVI. Telle est la voie, mes bien-aimés, où nous trouvons notre salut, Jésus-Christ, le grand-prêtre de nos offrandes, le protecteur et l’aide de notre faiblesse.
Par lui nous tendons nos regards vers les hauteurs des deux ; par lui nous voyons comme dans un miroir le visage immaculé, plein de noblesse de Dieu ; par lui les yeux de notre coeur se sont ouverts ; par lui notre intelligence (précédemment) incapable et enténébrée s’épanouit dans la lumière ; par lui le Maître a voulu nous faire goûter à la science immortelle : « rayonnement de la majesté divine, il est aussi élevé au-dessus des anges que le nom qu’il a hérité l’emporte sur le leur. ».
Il est écrit en effet (de Dieu) : que « des vents il fait ses messagers, et des flammes brûlantes ses serviteurs. ». Mais au sujet de son Fils, le Maître s’exprime ainsi : « ( Tu es mon Fils, je t’ai engendré aujourd’hui ; demande-moi, et je te donnerai en héritage les nations, et en propriété jusqu’aux extrémités de la terre. » Il lui dit également : « Assieds-toi à ma droite jusqu’à ce que je fasse de tes ennemis l’escabeau de tes pieds. » Quels sont ces ennemis ? Les pervers, et ceux qui s’opposent à la volonté de Dieu.

XXXVII. Faisons campagne, ô hommes mes frères, avec toute l’application possible sous son commandement irréprochable. Considérons les soldats qui servent sous nos chefs : quelle discipline ! quelle docilité ! quelle soumission pour exécuter les ordres !
Tous ne sont pas préfets, ni tribuns, ni centurions, ni cinquanteniers, et ainsi de suite ; mais chacun en son rang exécute les ordres de l’empereur ou des chefs.
Les grands ne peuvent être sans les petits, ni les petits sans les grands ; il y a en toute espèce de chose un certain mélange, en quoi réside son utilité. Prenons (exemple de) notre corps : la tète sans les pieds n’est rien ; de même les pieds, rien sans la tête. Les moindres membres de notre corps sont

 

Nous Contacter

Paroisse Saint Pierre en Vallée
29 rue de l'Hôtel de Ville
49250 Beaufort en Vallée
( Maine et Loire -  France )

Tph: 02 41 80 30 39
paroisse@saintpierreenvallee.fr

Signaler les bugs informatiques:
webmaster@saintpierreenvallee.fr

Liens amis

Albums photos

Pour être identifié